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Etude de risques sur les chaînes d'approvisionnement : une catastrophe naturelle en Chine pourrait avoir des répercussions sans précédent sur l'économie mondiale

FM Global, l’un des leaders mondiaux de l’assurance dommages, vient de publier une étude sur les chaînes d’approvisionnement. Selon celle-ci, si la Chine était touchée par une catastrophe naturelle de grande ampleur, comme le Japon en 2011, l’impact sur les chaînes d’approvisionnement serait sans précédent.

Les responsables financiers de cent grandes multinationales ont été interrogés dans le cadre de l'étude Le nouveau défi de la chaîne logistique : Gérer le risque dans une économie mondiale que vient de publier FM Global. Cette étude montre que les entreprises sont, de manière générale, très préoccupées par l'éventualité d'une catastrophe naturelle en Chine susceptible de perturber leur chaîne d'approvisionnement. Elles acceptent progressivement de se préparer davantage aux risques présents dans cette région du globe.

« La solidité et la résilience de la chaîne d'approvisionnement constituent un avantage concurrentiel significatif », explique Ken Davey, senior vice president de FM Global. 
« Garantir la livraison des produits et des services lorsque la concurrence n'est pas en mesure de tenir ses engagements renforce la confiance des clients et permet de gagner des parts de marchés. En cas d'interruption de ses activités, une entreprise sera à l'évidence en situation de désavantage par rapport à ses concurrents si sa chaîne d'approvisionnement est vulnérable. »

La Chine est exposée à un risque très élevé de catastrophes naturelles, notamment : séismes, tempêtes, inondations et tsunamis. Selon l'étude de FM Global, les chaînes d'approvisionnement situées dans cette région sont particulièrement vulnérables aux interruptions d'activité provoquées par une catastrophe naturelle. La Chine n'a en effet appliqué que partiellement la plupart des pratiques de gestion des risques en vigueur en Europe et aux Etats-Unis.

L'étude a mis en évidence les informations suivantes :

  • Sur l'ensemble des réponses recueillies, le nombre d'entreprises dépendantes de la Chine pour l'approvisionnement de leurs lignes de production clés est deux fois supérieur au nombre d'entreprises dépendantes du Japon, soit 86 % contre 43 % (voir graphique).
  • 83 % des entreprises interrogées considèrent qu'une rupture de la chaîne d'approvisionnement représente un risque modéré à élevé (voir graphique).
  • 95 % des entreprises qui dépendent de la Chine pour leur chaîne d'approvisionnement sont préoccupées par les répercussions des catastrophes naturelles (voir graphique).
  • 65 % des entreprises interrogées envisagent de renforcer la collaboration avec leurs fournisseurs pour réduire les risques dans leurs établissements (voir graphique).

« Les résultats de cette étude devraient inciter à la vigilance les entreprises qui investissent massivement en Chine dans des chaînes d'approvisionnement dont elles sont dépendantes », explique Vinod Singhal, professeur en management opérationnel au College of Management du Georgia Institute of Technology. « Une rupture de la chaîne d'approvisionnement provoquée par une catastrophe naturelle en Chine aurait des conséquences négatives durables. L'économie mondiale serait ralentie car la Chine est un acteur majeur de l'exportation des biens, mais aussi de leur importation. De nombreux produits industriels et de consommation seraient en rupture d'approvisionnement, ce qui pourrait entraîner une hausse de l'inflation et faire chuter le prix de l'action des entreprises. » Howard Kunreuther, professeur en sciences de la décision et politique publique à la Wharton School (University of Pennsylvania), ajoute : « Cette étude met en évidence les répercussions financières majeures que peuvent avoir les risques liés à l'interdépendance sur les chaînes d'approvisionnement mondiales. Les entreprises doivent être proactives et diversifier leurs sources d'approvisionnement afin de ne pas dépendre d'un seul fournisseur au cas où celui-ci serait touché par une catastrophe naturelle. Une prise de conscience est nécessaire : il faut du temps pour renforcer la résilience d'une chaîne d'approvisionnement. »

La résilience peut s'avérer stratégique pour les entreprises qui sont fortement dépendantes des marchés émergents tels que la Chine. FM Global leur conseille de prendre le temps de se poser quatre questions simples sur la résilience de leurs installations :

  1. L'équipe de direction considère-t-elle la résilience comme un avantage concurrentiel et fournit-elle les efforts nécessaires pour gérer les risques liés à la chaîne d'approvisionnement ?
  2. Votre entreprise a-t-elle intégré des mesures de réduction des risques aux procédés de fabrication et de conception de ses produits ?
  3. Dans quelle mesure votre entreprise travaille-t-elle en partenariat avec ses fournisseurs pour évaluer et réduire les risques ?
  4. Votre entreprise a-t-elle mis en place des plans de reprise et de continuité des activités adéquats pour faire face aux ruptures de la chaîne d'approvisionnement sur les marchés émergents tels que la Chine ?

Pour réaliser cette étude, FM Global a fait appel à TNS, un institut d'études de marché. Cent dirigeants du domaine de la finance ont été interrogés par téléphone entre juillet et septembre 2011. Il s'agissait de directeurs financiers, de trésoriers et vice-présidents de services financiers ou de responsables de la finance appartenant à de grandes multinationales. Le siège de ces sociétés est situé en Amérique du Nord et leurs ventes dépassent le milliard de dollars.

Le résumé analytique de cette étude est disponible à l'adresse suivante : www.fmglobal.com/riskstudy.